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Bordeaux Jazz Festival

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« LE JAZZ N'EST PAS CE QU'IL EST »

Adorno se méfiait du jazz comme « produit » de consommation courante, et au fond il avait bien raison. Il faut se méfier de ce qu'on veut nous faire avaler. Il faut se méfier de ce qui court, discours et rumeur. Il faut se méfier des flons-flons. En 1927, le jazz étant plus ou moins déjà ce qu'il est, Louis Armstrong pose dans « Potato Head Blues » une série de « breaks » (coupures), sans accompagnement, et ces breaks historiques font surgir un swing qui ne doit sa force à rien d'autre qu'à une extraordinaire découpe musicale du temps. Du temps et du tempo. Lequel, à partir de là, devient manifestement intérieur . Bref, une rupture. Et un cadeau des dieux ! Voilà.Le jazz est un cadeau. Comme le disait Jacques Derrida, il est un cadeau inespéré, inattendu (unpredicatble gift). En un mot une fête, ce qui justifie « festival », dans le bon sens du terme.

La surprise est donc au rendez-vous, mais elle n'est pas certaine. Si on y va quand même, ce n'est pas uniquement parce que les tarifs des concerts du festival le permettent. On y va parce que c'est l'une des chances de bonheur qui nous reste. Consommer n'est pas un bonheur, découvrir c'est déjà mieux, se risquer à prendre ce qui advient et qu'on attendait pas, voilà qui fait bondir ! C'est le risque de l'Art si l'on veut, ce grand méconnu de la culture.

Le journal que vous allez lire vous indique des pistes, il trace des probabilités, il cerne le champ des plaisirs attendus, mais il ne garantit rien. Et au fond c'est tant mieux.

Bonnes rencontres…